ERVITHING IN IT’S RIGHT PLACE compose avec mes archives perso sur vingt-deux ans de prises de vues. Les images sont associées en fonction de leurs ambiances, essayant de créer un conglomérat créant un malaise heureux. La proposition se déploie via des effets de seuils. Une tentative de transformer un espace grand en espace tout petit par la saturation des cimaises. La pièce fait 9 mètres de large par 2m8 de haut. Goethe écrit que « tout ce qui est proche devient distant ». Dans les images, cette distance est celle du 28 mm : ma distance aux lieux et aux gens. C’est une cosmogonie globale dans laquelle les images deviennent des potentiels qui prennent le même statut que ce soit un jouet, un portrait, une photo d’ambiance ou l’affiche d’un film.

Dans le choix du maximaliste s’ouvre une dimension cantique de l’ubiquité dans le liminal : tout est à trois endroits en même temps. On peut faire un rapprochement poétique entre le statut des images et des particules qui peuvent être à la fois ondulatoires et corpusculaires. Les particules ne réagissent par de la même manière si elles sont observées ou non.

Les images de rushs ont aussi dans mon travail de maquettes. On peut trouver rassurant qu’un titre de film soit aussi un titre d’album, par exemple the Virgin Suicides de Sophia Coppola et l’album de Air The Virgin Suicides construits l’un en parallèle de l’autre font également oeuvres autonomes. Ce titre fait également l’objet de l’un de mes tatouages. D’ailleurs, le titre de ce projet, qui est une appropriation d’un morceau de Radiohead, est aussi une photo de tatouage, qui est un tatouage fait par Noah Ambiehl sur le musicien Pierre Cabirol,, dans une pulsion très scratchers (personne qui tatoue sans formation d’hygiène et sans savoir de compétences particulières pour le dessin). D’après Benjamin dans l’Oeuvre d’art à l’aire de la reproductibilité, l’aura d’une oeuvre incarne l’autorité qui se manifeste par l’authenticité reliée au hic et nunc, donc au lieu et au temps de production de l’œuvre d’art.

Tilmans, héritier de la beat génération, dit que ses images peuvent être à plusieurs endroits à la fois. Une image de cygnes, elle est au mur, elle est dans un livre et elle est tatouée sur mon corps. En trouvant des images usées par leurs emplacements multiples, c’est une manière pour moi de leur faire perdre toute notion Benjamienne d’aura. Dans la fabrique du monde -donc dans la création d’imageries- il est probable que même développées et tirées de quelconque manière on puisse les images gardent un statut latent.